Scolarité

Formation du comédien
(1er cycle)

Formation
« Jouer
et mettre en scène »

École doctorale SACRe (3e cycle)

Présentation
DR Diego Bresani

Formation des artistes intervenant en milieu scolaire (AIMS)

La Recherche par l'art

Projet doctoral SACRe
CNSAD/PSL


SACRe (Sciences, Arts, Création, Recherche) est une formation doctorale innovante de Paris Sciences & Lettres (PSL), fondation de coopération scientifique, destinée aussi bien aux artistes et créateurs qu'aux scientifiques.
Créée en 2012, elle résulte de la coopération de six institutions : les cinq écoles nationales supérieures de création, sous la tutelle du ministère chargé de la culture, que sont le Conservatoire national supérieur d’Art dramatique (CNSAD), le Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs (ENSAD), l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts (ENSBA), l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son (La fémis) et l’Ecole normale supérieure (ENS, rue d’Ulm), sous l’égide de Paris Sciences & Lettres (PSL), pôle de recherche et d’enseignement supérieur dont tous ces établissements sont membres.

La formation doctorale SACRe est conçue comme une plateforme d’échanges, de synergies et de croisements intellectuels entre les sciences exactes, les sciences humaines et littéraires et les pratiques de création. Son objectif est de permettre l’émergence et le développement de projets créatifs et réflexifs originaux dans leurs méthodes et leurs résultats.

La formation doctorale SACRe se déroule sur 3 ans. Elle comprend l’accompagnement des projets menés par les artistes-chercheurs au sein des écoles d’art et se concrétise par la présentation régulière de maquettes par les doctorants. Elle comprend également une formation mutualisée SACRe. Il s’agit notamment d’un séminaire réunissant tous les doctorants et qui a pour objectif d’explorer les relations création/recherche et les relations arts/sciences.

Au terme d’une soutenance publique devant un jury, le diplôme national de docteur sera délivré par l’E.N.S. dans l’attente de la création de l’école doctorale SACRe au sein de PSL.


Les premières soutenances SACRe ont eu lieu en octobre et novembre 2016 :

Linda Duskova (recrutée en 2013) : elle a soutenu les 20 et 21 octobre (spectacle et soutenance théorique). Sa thèse s’intitule : Image et conscience : autour des enjeux de l’image fixe dans la création théâtrale (sous la direction de Jean-Loup Rivière). La mention « très honorable » et les félicitations du jury qui ont accompagné l’obtention de ce titre de docteur font honneur à notre école.

Lena Paugam (recrutée en 2012) a soutenu le 27 février 2017. Sa thèse s’intitule : DEPASSER LE PRESENT, Le désir de l’acteur à l’épreuve des dramaturgies de la sidération.
Mention obtenue : Très honorable. Directeurs de recherche : Jean-Loup Rivière et Thierry Thieu Niang
"Ma thèse expose les caractéristiques formelles et substantielles d’un ensemble littéraire appelé « dramaturgies de la sidération ». A travers un cycle de création intitulé « La crise du désir – états de suspension, espaces d’incertitudes » et comprenant six mises en scène réalisées entre 2013 et 2016, je me suis interrogée sur le rapport entre sidération et désir dans les dramaturgies modernes et contemporaines. Puis, envisageant la notion de présence comme un processus consistant à se projeter en permanence au-delà du présent, vers un futur immédiat, j’ai abordé la notion de désir comme un outil conceptuel au service de la mise en scène, ce qui m’a permis de travailler sur le rapport de l’acteur à la temporalité de la représentation théâtrale."


Pour l’année 2017/2018, le Conservatoire compte quatre doctorants : Marcus Borja (promotion 2014), Sacha Todorov (promotion 2015), Laurence Ayi (promotion 2016) et Mathilde Delahaye (promotion 2017).

Le travail de Marcus Borja porte essentiellement sur la dimension sonore et l’approche musicale du théâtre (écoute, rythme, ligne mélodique, harmonie, contrepoint) aussi bien en ce qui concerne l’investigation et l’interprétation du texte qu’au niveau de la dynamique et des mouvements scéniques. Sa recherche s’effectue sous la direction de Jean-François Dusigne (professeur en arts du spectacle, théâtre, ethnoscénologie, université de Paris 8) et est encadrée par Sylvie Deguy (professeur de chant au CNSAD) et Luis Naon (compositeur, CNSMDP).

► Voir les captations de la soutenance de Marcus Borja, qui ont eu lieu le 3 décembre 2017 (Vidéaste : Thomas Vauthier) :





Le travail de recherche de Sacha Todorov, dirigé par Christian Biet et Yann-Joël Collin, vise à définir dans quelles conditions un moment théâtral peut être vécu comme carnavalesque, c’est-à-dire comme un moment à part, où les règles ordinaires de la vie sociale et morale n’ont plus cours, où les pulsions s’expriment en liberté, et qui joue pour les participants (acteurs et spectateurs) un rôle de soupape. Par ces questions, Sacha Todorov cherche à ré-interroger l’idée d’une catharsis par le théâtre.
Sur le modèle de metteurs en scène comme Peter Brook, Jerzy Grotowski ou Eugenio Barba, qui ont su combiner recherche théorique, études de terrain et création artistique, Sacha Todorov propose d’allier recherches sur l’histoire et l’anthropologie du carnaval et études de formes carnavalesques contemporaines (au sens large). L'objectif est de nourrir une création théâtrale au long cours, création fondée sur des principes d’écriture de plateau, et espérant faire la part belle à l’improvisation, à la pulsion, à la folie.

Scénographe et costumière, Laurence Ayi a pour projet de thèse « Le rituel de l’habillage comme mécanisme de transition du vêtement au costume. Dire que ce rituel est un acte de théâtre performatif duquel naît l’objet-costume, art visuel-vivant ».

L'objet de recherche de Mathilde Delahaye porte sur le « théâtre-paysage » :
"C’est par la pratique, instinctive (en allant monter des spectacles dans des no man’s land alsaciens, des ports industriels, des usines désaffectés, des aqueducs en bord de ville…), puis poussée par la nécessité d’expliquer ce pli, de déplacer l’expérience théâtrale hors de ses murs habituels pour mieux l’interroger et en ouvrir des perspectives actuelles, que j’ai formulé cette conscience du rôle du lieu au théâtre et du théâtre comme lieu dans un territoire, dans un paysage, horizontalement espace et verticalement histoire. Le « théâtre-paysage », c’est aller jouer dehors. C’est faire le pari, d’abord esthétique, ensuite politique, que déplacer l’expérience du spectateur en modifie la nature et la portée. C’est utiliser le "déjà-là" comme scénographie, et y joindre l’illusion, l’artifice, confronter les mots d’un texte théâtral au réel pour les rendre percutants. Un tel geste nécessite une étape préparatoire de repérages des lieux, qui, s’élaborant comme méthode, repose la question du rapport au public et à un territoire donné, et interroge donc le rôle du réseau du théâtre public. Partant de ces hypothèses, je voudrais dans ma recherche étudier les axiomes d’une telle pratique et élaborer une méthode pour lui donner lieu. Dans quelle mesure le déplacement de l’acte théâtral dans un paysage, par la méthode qu’il met en place, modifie le rapport : des artistes à l’objet ; des artistes aux spectateurs ; du public au spectacle ; du théâtre au territoire b; des habitants au territoire ? Les différentes façons d’appréhender la notion complexe de paysage adressent par ailleurs à la pratique théâtrale des questions inédites, du point de vue de la scénographie, de la mise en espace des corps et du texte, de la représentation comme expérience commune d’un lieu. Les entrées possibles dans le paysage que je voudrais étudier dans ma recherche seraient, le paysage :
1/ comme réalité mentale et subjective,
2/comme construit social et culturel,
3/comme figure de rhétorique,
4/comme territoire fabriqué,
5/comme expérience phénoménologique."


Jean-Loup Rivière est en charge du suivi des élèves doctorants du Conservatoire. Patricia Faivre est responsable du suivi administratif.